« Le bruitage des grincements de portes, volets ou portails repose sur le principe du couplage d'un objet grinçant avec le battant dont on cherche à obtenir le grincement » dit un jour notre bruiteur sur le ton le plus didactique et solennel.
En clair, Il faut donc tout d'abord trouver cet « objet grinçant »
Pour bruiter les grincements de porte, la bande magnétique de 6 mm de large offre un bon grincement de base. Il suffit de coincer la bobine sous la porte, passer la bande derrière cette dernière (de préférence centré par rapport à la porte), tendre la bande de telle façon à ce que le couplage entre la bande et la porte soit maximal.
Une fois le dispositif installé, il ne reste plus qu'à faire glisser un doigt sur la partie mate de la bande pour obtenir un grincement discret et convainquant. Pour un grincement plus fort et gras, pincer la bande entre le pouce et l'index.
Pour les grincements de volet ou portail, on peut choisir un « objet grinçant » qui sonne naturellement de façon plus métallique : notre bruiteur utilise une vieille canne antivol qu'il a laissé rouillée dans le coffre de sa voiture. Il suffit de la plaquer sur un battant en bois et de tourner la partie mobile de la canne grinçante pour entendre l'ouverture d'un volet d'une maison de campagne. Couplée à une table de jardin en métal, on obtient le grincement d'un portail mal huilé.
Pour la voiture :
Pour l'attelage
Pour bruiter l'attelage, accrocher à la balance romaine les chaînes et agiter les par à-coup. Des cliquetis plus tenus peuvent être obtenus en agitant de la même façon les ceintures à boucles.
Pour bruiter la voiture, il faut tout d'abord préparer la valise en disposant à l'intérieur les planches de bois bien jointes, le trousseau de clés anciennes ou les chaînes ainsi que le moulin à café. Après l'exercice devient plus physique! On peut se tenir accroupi et prendre la valise sur ces genoux tout en la gardant ouverte. Cette position permet de mieux maîtriser les vibrations de notre voiture avec les genoux et les cuisses et de donner quelques à-coups et secousses en fonction des nids de poule que l'on peut rencontrer sur notre route! On peut en même temps moudre avec le moulin à café ... du café par exemple pour donner le son du rouling Mais vous pouvez moudre tout autre chose en fonction de votre route!
On peut également la laisser poser sur un sol. Le frottement de la valise sur le sol peut renforcer le son de rouling selon la manipulation, surtout sur les sols caillouteux.
Il peut être intéressant d'enregistrer les cliquetis de l'attelage et le rouling de la voiture sur deux pistes différentes pour laisser plus de choix au mixage bruitage. En effet, les plans d'intérieurs de calèche ou carrosse demanderont une accentuation et un mixage différent du bruitage de rouling de la voiture par rapport au bruitage de l'attelage.
La position du micro est également assez importante selon les plans également. Pour les intérieurs de voiture, on peut rapprocher le micro vers l'intérieur de la valise ouverte pour capté la résonnance intérieure de la valise. Un micro placé en dessous est à tester!...
Si la sonorité de la valise choisie parait un peu trop étriquée par rapport à la taille de la calèche à l'image, la solution consiste à pitcher de quelques demi-tons en dessous l'enregistrement de la voiture. Le pitch aide beaucoup dans le "redimensionnement les bruitages".
« Je me souviens de cette scène dans le film l'étudiante de Claude Pinoteau où l'on voit le bruiteur Daniel Couteau et son assistant en pleine séance de post production bruitage dans les studios de Billancourt. L'un remue une valise en carton (ou en bois?) tout en tournant la manivelle du vieux moulin à café qui se trouve à l'intérieur, l'autre bruite une course de chevaux, un entonnoir en plastique dans chaque main, sur un sol de gravier et de cailloux improvisé sur une table recouverte d'un tapis. Ils bruitent l'arrivée du carrosse de Don Salluste dans le film La folie des grandeurs de Gérard Oury et Alain Poiré. »
Le bruit de pas est un des premiers sons qui donne une présence et une émotion à un personnage à l’écran après sa voix. De ce fait c’est l’exercice le plus pratiqué par le bruiteur lors de la postproduction bruitage d’un film, mais aussi le plus délicat.
Pour réussir ses bruits de pas, il faut tout d'abord trouver les bonnes chaussures. Notre bruiteur vous conseille par exemple de chiner du côté d'Emmaüs. Les chaussures doivent être déjà portée, usée, souple et à votre taille de préférence.
La qualité des sols jouent aussi un rôle essentiel. Les différentes surfaces du studio d'enregistrement (bois, carrelage, bitume, terre, gravier, etc.) ou « pits » doivent être parfaitement couplées sur la dalle et les fondations du bâtiment. Cette caractéristique est particulièrement importante pour la surface de type « bitume » pour éviter toute sonorité « creuse » (surtout si le bruiteur a le pas lourd !)
La technique la plus efficace consiste à marquer chaque pas, du talon jusqu’à l’orteil, en s’appuyant alternativement sur l’extérieur puis l’intérieur du pied, tout en restant sur place.
Pour bruiter une course, l’exercice peut se faire avec les deux pieds en appuyant moins sur le talon.
Marcher de façon synchrone avec l'image est la partie de l'exercice la plus difficile. Mais c'est essentielement la qualité du synchronisme qui donne le réalisme de la marche ou de la course. La texture du bruit de pas donne enfin la justesse au bruitage.